Babsi D.

Babsi D.
Et voici l'article du journal qui annonçait la mort de Babsi.
Dans son livre, Christiane F. raconte le moment où elle découvre que son amie est morte :

" Ce matin là, je me prépare une tartine de confiture tout en feuilletant le journal. Un gros titre en première page : ELLE N'AVAIT QUE 14 ANS.
J'ai compris. Sans même lire la suite. Babsi.
J'en avais le pressentiment. Je suis incapable d'éprouver quoi que ce soit.
Morte. J'ai l'impression d'avoir lu l'annonce de ma propre mort."

# Posté le jeudi 16 mars 2006 08:26

Modifié le vendredi 24 mars 2006 16:57

Livia S.

Livia S.
Livia S. a commencé à se piquer à 15 ans.

# Posté le jeudi 16 mars 2006 09:12

Modifié le vendredi 24 mars 2006 16:43

Livia S.

Livia S.
Toujours la même jeune fille.
Elle avait 18 ans quand elle fut trouvée morte dans un W-C public.
Dans sa poche, il y avait une lettre aux services sociaux, les suppliant de lui procurer une place en thérapie.


"Je vous en prie une fois encore, du fond du coeur. Chaque jour peut me coûter la vie. Je vous implore de m'aider à redevenir un être sain, capable de travailler."

# Posté le jeudi 16 mars 2006 09:24

Modifié le vendredi 24 mars 2006 16:42

Dédicace

Dédicace
Big Dédicace à Montana7501, USHER 416 et Tony qui m'aident à faire connaître le blog !!

Ange merci pour ton soutien !

# Posté le jeudi 16 mars 2006 14:47

Modifié le mardi 10 juillet 2007 08:43

extraits du livre "Christiane F." : le sevrage

extraits du livre "Christiane F." : le sevrage
SEVRAGE

"Comme moi, Detlev souhaite sincèrement se désintoxiquer.(...)Seulement nous ignorons tous les deux-et nos parents aussi-que c'est de la folie d'entreprendre une désintoxication à deux . Car il arrive toujours un moment où l'un des deux rechute et entraîne l'autre. Bon, on l'a entendu raconter mais on se fait des illusions. Nous restons convaincus de n'être pas faits du même bois que les autres toxicos."

"Grâce aux petites pilules du père de Detlev, la matinée passe sans accroc. Nous parlons de ce que sera notre vie "après" - nous la voyons tout en rose - et nous promettons de tenir bon, vaillamment, demain et les jours suivants. Nous sommes heureux, malgré la douleur qui s'éveille."

"L'après-midi, tous les diables se déchaînent. Nous avalons des pilules par poignées, les arrosons de copieuses rasades de vin. Mais ça ne sert à rien. Mes jambes, brusquement, échappent à mon contrôle. Un poids énorme écrase mes jarrets. Je me couche par terre en allongeant les jambes, j'essaie de détendre et de contracter alternativement mes muscles. J'appuie mes jambes contre l'armoire. Elles y adhèrent, plus moyen de les en détacher. Je me roule sur le sol mais mes pieds restent, je ne sais trop comment, collés à l'armoire."

"Je suis trempée d'une sueur glacée qui me coule jusque dans les yeux. J'ai froid, je tremble, et cette saleté de sueur pue affreusement. ça doit être le poison qui me sort par tous les pores. J'ai vraiment l'impression de vivre un exorcisme."

"Pour Detlev, c'est encore pire. Il est complétement parti. Il tremble de froid, et le voilà qui enlève son pull, (...) il semble courir sur place : ses jambes maigres comme des allumettes ne cessent d'aller et venir, agitées de soubresauts épouvantables.(...) Il essuie sans arrêt la sueur qui lui inonde la figure, il se plie en deux, se tord en hurlant de douleur. Crampes d'estomac. Detlev pue encore plus que moi. Nous infestons toute la pièce. Je me souviens avoir entendu dire que l'amitié entre toxicos ne résiste jamais à un sevrage réussi. Mais moi j'aime encore Detlev, même s'il pue."

"J'ai la bouche et la gorge horriblement sèches. Et pourtant ma bouche est pleine de salive. Je n'arrive pas à l'avaler, alors je tousse. Plus je fais des efforts pour avaler cette salive, et plus je tousse. Je suis prise d'une quinte de toux qui ne veut plus finir. Et voilà que je dégueule. Il y en a plein mon tapis(...) Je tousse et je vomis, je tousse et je vomis..."

"Ma mère reste presque tout le temps dans la salle de séjour. Quand elle vient nous voir, elle est toute désemparée.(...) Elle m'apporte des bonbons à l'extrait de malt. Ma toux se calme. Ma mère nettoie le tapis. Elle est adorable, et je ne peux même pas lui dire Merci"

"Et puis les comprimés et le vin se mettent tout de même à agir. J'ai bouffé cinq Valium 10, deux Mandrakes, presque vidé une bouteille de vin. De quoi assommer un individu normal pour plusieurs jours. Mon organisme réagit à peine, tant il est intoxiqué."

"J'ai l'impression que tout un chacun, et surtout ma mère, peut lire en moi comme dans un livre, lire mes saloperies de pensées. Voir que je ne suis qu'un tas de merde dégueulasse. Mon corps me fait horreur. Si seulement il pouvait crever et se détacher de moi."

"Detlev semble dormir profondément mais tout son corps tressaute, ses jambes font du pédalage, ses bras des moulinets."

"Le lendemain matin, nous allons nettement mieux.(...) Nous nous jurons de ne plus jamais prendre ni héroïne ni LSD ni comprimés.(...) Ma mère est toute heureuse. Elle nous embrasse.(...) C'est formidable. Nous disons à ma mère que nous avons envie d'aller prendre l'air.(...)Elle approuve."

"On se dirige vers le métro.(...) On tombe presque tout de suite sur Axel et Bernd. Ils ont pleins de came, la journée a été bonne.Detlev leur raconte. Ils trouvent que c'est formidable ce qu'on a fait. Et, après nous avoir félicités, ils disent qu'ils rentrent chez eux se piquer."

"Detlev et moi on se regarde.(...)

Detlev dit : Tu sais, on peut bien se permettre un shoot par-ci par-là.(...) Il faut juste faire drôlement attention à ne pas retomber dans la dépendance, car je me vois pas repasser par un autre sevrage

Moi : Bien sûr, un shoot par-ci par-là, c'est vachement cool. D'ailleurs maintenant nous sommes prévenus, nous savons très bien qu'il faut nous méfier de la dépendance."

"Deux heures après avoir quitté l'appartement de ma mère, Detlev et moi on est de nouveau défoncés."

# Posté le vendredi 17 mars 2006 08:05

Modifié le vendredi 24 mars 2006 16:40