Christiane F.

Christiane F.
A la sortie du livre, Christiane a repris une vie sans drogue, elle travaille même quelques temps dans une librairie, mais l'argent que lui rapporte le livre lui permet de cesser de travailller. En 1981 quand sort le film retracant l'histoire de Christiane, celle ci en fait la promotions un peu partout dans le monde.

D'interview en émission de télévision, elle entre dans un monde inconnu pour elle, mais en sortira presque aussi soudainement car les modes sont éphémères. En 1983 elle est arrêté en possession de drogue et est condamnée à une peine de prison. Sa peine purgée, elle part habiter en Grèce pendant environ 6 ans avec un homme qui se fait arrêté quelques jours avant leur mariage pour possession de drogue. Christiane revient à Berlin bénéficie du programme de substitution à la méthadone qui lui permet enfin de presque vivre normallement. En 1996, elle donne naissance à un enfant. Aujourd'hui, elle évite les médias car elle est lasse d'être toujours reconnu comme une droguée et une prostituée et consacre toute son énergie à élever son enfant.

En 1995, en Allemagne, un reportage avec la participation de Christiane et de nombreuses personnes évoquées dans le livre, est diffusée. On y retrouvera les témoignages de son père, sa mère, sa soeur, Detlev et d'autres encore.
# Posté le samedi 18 mars 2006 09:29
Modifié le vendredi 24 mars 2006 16:39

témoignage

témoignage
Ce texte, Parole d'addictée, fut écrit et prononcé par Hélène à la demande de son médecin généraliste, qui se préoccupait de prévention.

Il y a 13 ans maintenant, j'ai fait "intime connaissance" avec les drogues (légales ou illégales), et depuis 4 ou 5 ans, j'essaie de "sortir de l'ombre" dans laquelle j'ai délibérément plongé. Actuellement, je me bats encore afin de mettre un point final à la dépendance psychologique. La dépendance physique est très très dure à vivre, mais là où je mesure l'ampleur des dégâts, c'est en réalisant dans quelle détresse psychologique je suis... ne trouvant le "bien-être" que sous l'emprise de certaines drogues, et ce, depuis des années. Je veux "renaitre", et enfin goûter au bonheur "d'être bien" dans aucune drogue, et sans aucuns palliatifs artificiels illusoires.

J'étais en troisième, j'avais un petit ami ; jusque là, rien "d'anormal", mis à part le fait qu'il fumait des "petits joints" (cones, hasch, cannabis, marijuana, kif... il existe mille termes pour désigner cette drogue "dite douce".)

Auparavant, avec les "copines", j'avais essayé la colle, l'alcool, les solvants... ces trucs qui vous laissent vraiment un goût infecte au fond de la gorge en vous faisant "tourner la tête", quelques secondes. Cette nouvelle sensation profondément enivrante était désagréable. D'après les copines, c'était "géant" ; en fait, ce que je ressentais n'était pas géant du tout !

Je me rappelle avoir eu peur car j'ai perdu mon "self-control" : ce qui m'arrivait m'échappait, et la question de savoir si j'allais bientôt "redescendre" me "fichait la trouille", j'avais du mal à respirer et tout était si confus que très vite j'ai préféré "les petits joints"...

Le Hasch est une drogue dite douce. Douces ou dures, l'utilisation répétée et régulière de ces produits est dangereuse. Bien évidemment, il y a des degrés différents dans le danger, mais il n'existe pas de drogues anodines ! Lorsque l'envie de fumer un cône vous monte au cerveau, lorsqu'on en arrive à galérer pour s'en procurer des heures et des journées entières, alors un mal-être psychologique s'installe, "se défoncer" prend le pas sur tout, jusqu'au jour où, lucide, on se dit que sans shit, ... c'est pas cool ! alors, on court en chercher.

Je me déconnecte, me déconnectais, de la réalité un peu comme on branche son walkman... couper tout communication, comme pour dire : "Votre vie ne m'intéresse pas comme ça ! Votre monde trop superficiel est nul !"...

... Puis, un jour, le même petit ami que j'avais promis de laisser s'il touchait aux drogues dures me dit : "J'ai shooté !"...

Je ne l'ai pas laissé, persuadée que notre Amour était plus fort que l'héroïne, je réussirais à "le sauver" ; c'était évident !

Il me présenta "ses amis" lors d'une "petite soirée sympa". Ils avaient l'air de former une "joyeuse" petite bande (un clan en fait bien fermé), une sorte de petite famille amicale, chaleureuse et sécurisante ; ils se sentaient tous si forts et maîtres d'eux-mêmes (en apparence seulement, mais ça, je le compris bien plus tard.)

Après avoir vu tourner cuillère et seringue, je finis par "au moins essayer". C'est mon petit ami qui me fit le premier shoot ! Une immense chaleur "étrange" montait en moi à mesure que le liquide était injecté. On appelle cela "LE FLASH" ! Seulement, ce flash, plus on se drogue, plus on part à sa recherche, plus on part à sa recherche, plus on augmente les doses, et moins on le ressent ! Courir après est éreintant. J'y ai laissé mes plumes, perdu du temps, raté des occasions de vivre. Je comparais un peu la drogue à un fauve à l'affût de sa proie : sans pitié, mais le fauve, lui, essaie de tuer sa proie sans trop qu'elle souffre. La drogue, elle, vous fait souffrir ... et mourir !

Car une fois passée la dépendance physique, commence la dépendance psychologique : celle à laquelle je n'avais pas pensé, celle qui fait qu'aujourd'hui encore, j'essaie de lutter pour ne pas ressembler à un mollusque ! mais plutôt penser à me reconstruire. Contrairement à ce dont j'étais persuadée, plus forte que tout... C'est que la drogue reste toujours "dangereuse" quelque part. Gainsbourg le disait si bien :

"Ne commettez pas d'imprudence, surtout n'ayez pas l'impudence, de vous foutre en l'air avant l'heure dite... n'essayez surtout pas de frimer, car c'est la drogue qui vous baise ... qui vous baise à l'aise !"

I. La drogue a réussi à me "bouffer", et me meurtrir pour longtemps.
II. La drogue tue aussi et surtout par son poison, je sais que certains dealers n'hésitent pas à "couper" la drogue qu'ils vendent avec tout ce qui peut y ressembler. De la brique, du plâtre, quelqu'un est mort d'avoir sniffé ce qu'il avait acheté. De l'héroïne mélangée avec de la mort aux rats. L'essentiel pour un dealer derrière ses beux sourires , ses belles paroles, c'est pas toujours la vie des autres, mais l'appât du gain, l'appât du fric si facile à trouver ! L'intérêt de l'argent est là, et à ce titre, j'ai vu un type s'écrouler par terre après avoir pris une balle. D'autres finissent avec un couteau dans le dos. Ce monde est sans pitié, et certainement pas comme je me l'imaginais !

La vie que l'on nous a donnée, (même si ... "j'ai pas demandé à venir au monde"), même si elle nous semble moche, ce n'est pas en prenant de la came qu'existeront les éléphants roses, et ce n'est pas sous l'influence de la drogue qu'ils le deviennent.
Du joint aux sniffs et aux shoots, pour moi, tout a basculé très vite. C'est ce témoignage que je voulais vous adresser. Je l'image volontairement en vous disant simplement :

Vous connaissez SPACE MOUNTAINS ? Rappelez vous cette histoire, car c'est aussi l'histoire du Titanic !
# Posté le dimanche 19 mars 2006 10:26
Modifié le vendredi 24 mars 2006 16:38

Photo

Photo
Photo extraite de Panic in Needle Park
# Posté le dimanche 19 mars 2006 10:31
Modifié le vendredi 24 mars 2006 16:37

Photo

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"Fumez du crack et vous finirez comme moi "
# Posté le dimanche 19 mars 2006 13:29
Modifié le vendredi 24 mars 2006 16:36

Rachel Whitear

Rachel Whitear
Voici Rachel Whitear.
Elle aussi victime de l'héroïne à l'âge de 21 ans.
# Posté le dimanche 19 mars 2006 14:14
Modifié le vendredi 24 mars 2006 16:35