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Quand il n'y a plus de place sur les bras...y' a plus qu'à se piquer sur les jambes.
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# Posté le mercredi 29 mars 2006 14:34

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Ben ouai... ça commence souvent comme ça.

# Posté le jeudi 30 mars 2006 11:13

Extrait du livre "Christiane F."

"Debout devant le miroir, je me prépare mon shoot. J'en ai vachement envie. C'est un shoot un peu spécial car j'ai de la grise. (...) La grise, c'est une poudre grise mouchetée de vert, de l'héroïne particulièrement impure, mais qui provoque un flash dingue :
ça agit sur le coeur, et il faut effectuer le dosage avec beaucoup de soin; si on s'en injecte trop, on clamse. Mais j'ai follement envie de ce super flash.

Je m'enfonce l'aiguille dans la veine, j'aspire, le sang monte tout de suite. J'ai filtré plusieurs fois ma grise, mais ça contient des tas de saletés. Et ça y est: l'aiguille est bouchée. C'est à peu près ce qui peut arriver de pire, l'aiguille qui se bouche à ce moment précis, car si le sang se caille dans la seringue il n'y a plus rien à faire, il faut jeter la dose.

J'appuie de toutes mes forces pour faire passer cette saloperie par l'aiguille. J'ai du bol, ça marche. J'actionne encore une fois la seringue pour m'injecter le truc jusqu'à la dernière goutte. Et l'aiguille se rebouche. Je suis folle furieuse. Il ne me reste que huit à dix secondes avant le flash. J'appuie de toute mes forces. Le piston saute et le sang gicle. Il y en a plein la salle de bains.

Le flash est dément. Une crampe épouvantable dans la région du coeur. Un million d'aiguilles me transpercent la peau du crâne. Je tiens ma tête à deux mains pour l'empêcher d'éclater sous le martellement - à croire que quelqu'un me tape dessus. Et tout à coup mon bras gauche est paralysé."


Image extraite du film "Moi Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée"
Extrait du livre "Christiane F."

# Posté le jeudi 30 mars 2006 11:55

Modifié le jeudi 30 mars 2006 14:49

Extraits du livre "Christiane F."

Extraits du livre "Christiane F."
Témoignage de la mère de Christiane F. :

"Ce dimanche-là, ce dimanche où j'ai vu des éclaboussures de sang dans la salle de bains et où j'ai examiné les bras de Christiane, les écailles me sont tombées des yeux.(...) J'ai compris ce jour-là que j'avais tout fait de travers(...).

A part ses sentiments pour Detlev, je n'avais rien remarqué de spécial chez Christiane.
Au contraire, elle me paraissait plus calme, plus équilibrée - avant, il y avait eu une période où elle ruait dans les brancards.
Même à l'école, ça avait l'air d'aller mieux."

"D'un autre côté, pour être honnête, j'étais quand même quelquefois un peu troublée. Surtout à cause des nouveaux amis de Christiane(...). Elle m'avait raconté que certains d'entre eux se droguaient. Elle n'a jamais parlé d'héroïne, mais de hash et de trips. Elle m'a dit des choses horribles, elle m'a même confié que son amie Babsi était une toxicomane. Mais elle décrivait tout ça de telle manière, d'un air de le trouver si dégoûtant, que je n'ai pas imaginé un seul instant qu'elle en faisait autant."

"C'était donc ça le choc que j'avais voulu éviter et toujours remis à plus tard. Mais il faut dire que je n'avais pas su reconnaître les symptômes. Christiane ne me paraissait pas fatiguée, je la trouvais la plupart du temps joyeuse et pleine d'entrain. La seule chose que j'avais remarquée (...) c'est que, parfois, quand elle rentrait en retard, elle filait tout droit dans sa chambre. Je mettais ça sur le compte de sa mauvaise conscience. A cause du retard."

"Christiane paraissait ne rien vouloir me cacher. Elle a vite reconnu que Detlev gagne de quoi acheter l'héroïne en se prostituant à des homosexuels. Quelle horreur ! J'étais sidérée. Mais elle ne m'a pas dit ce qu'elle faisait, elle."

# Posté le jeudi 30 mars 2006 12:48

Modifié le jeudi 30 mars 2006 14:53

Extraits du livre "Christiane F."

Suite du témoignage de la mère de Christiane F. :

"J'étais à bout de nerfs.(...) Au moins une fois par semaine, les journeaux annonçaient une nouvelle mort par overdose."

"J'avais affreusement peur. Surtout parce que Christiane ne se confiait plus à moi."

"Je tremblais pour sa vie. Son argent de poche(...)je ne le lui donnais que par toutes petites sommes. Si je lui remets les vingt marks d'un coup, me disais-je terrifiée,elle se paiera un shoot. Peut-être fatal. Le pire n'était pas de la savoir toxicomane - j'étais presque arrivée à me faire à cette idée - c'était la peur constante que son prochain shoot soit le dernier. je lui étais reconnaissante de rentrer encore de temps en temps à la maison, au contraire de son amie Babsi. La mère de Babsi me téléphonait souvent, en larmes, pour savoir où pouvait bien être sa fille."

"Si j'avais pu m'enfoncer sous terre ! Je n'étais plus qu'angoisse. Peur d'une voix m'annonçant au téléphone : votre fille est morte. Je n'étais plus qu'un paquet de nerfs. J'ai eu des troubles cardiaques, je ne pouvais plus bouger mon bras gauche, il s'engourdissait chaque nuit. Mon estomac protestait, j'avais mal aux reins, ma tête menaçait d'éclater. Je n'étais plus qu'un êtit tas de misères."

"Je suis allée voir un médecin. Il m'a donné le coup de grâce. Après m'avoir examinée, il a considéré tout ça comme nerveux et m'a prescrit du Valium. Quand je lui ai raconté pourquoi j'étais dans un tel état, il m'a dit que, quelques jours auparavant, une jeune fille venue consulter lui a avoué qu'elle se droguait. Elle lui a demandé quoi faire.
-Et que lui avez-vous dit?
-D'aller se pendre. Il n'y a pas d'issue.
C'est ça qu'il lui a dit."

# Posté le jeudi 30 mars 2006 14:44

Modifié le lundi 16 juillet 2007 06:31