témoignage d'un psychologue et d'un directeur de centre d'aide psychologique et sociale:
"Cela commence souvent à la discothèque, suivant un mécanisme très simple. Un jeune homme y fait son apparition(...), il entre en conversation avec des jeunes filles. Elles le trouvent sensationnel, admirablement "cool". Bientôt, il va offrir à la victime choisie les premières prises d'héroïne. Gratuitement. Il répète l'opération plusieurs fois. Et voilà encore une jeune fille "accrochée" qui, de son côté, va éventuellement introduire la drogue dans son cercle d'amis."
"Les jeunes aiment le risque et dans leur désir, bien compréhensible, de vivre des expériences personnelles dans un monde où elles sont de plus en plus rares, ils saisissent la main "secourable" du dealer. Et ils connaîtront effectivement, lors de ces premières rencontres avec l'héroïne, un sentiment de bonheur et l'impression d'être libérés de tout souci."
"Ils voudront d'autant moins renoncer à ce "super-pied" que la réalité est tout autre. Après la troisième fois, la dépendance psychique s'est installée. Ensuite, plus ou moins vite selon la fréquence de l'utilisation, ce sera en quelques semaines le tour de la dépendance physique. Le toxicomane ne pourra plus se passer d'héroïne, sous peine de souffrir des douloureux symptômes de la crise de manque, et deviendra un client régulier de son revendeur."
"Pour la plupart des toxicomanes, c'est l'engrenage. Si un petit trafiquant est arrêté, il est remplacé dès le lendemain. Chaque toxico aspire donc à devenir lui-même revendeur, pensant ainsi satisfaire ses besoins de manière plus agréable qu'en se livrant au vol (...) et à la prostitution. En d'autres termes, le commerce de l'héroïne gagne en tout acheteur non seulement un client, mais aussi un vendeur potentiel."
"La toxicomanie conduit presque toujours les femmes et les jeunes filles à la prostitution. Les fixers masculins se spécialisent, pour la plupart, dans les délits contre les biens (...)."
"Contraints de se procurer chaque jour la somme nécessaire, les drogués deviennent brutaux, agressifs, s'isolent les uns des autres."
"Malgré l'augmentation continuelle de la dose, l'effet euphorisant de l'héroïne décroît petit à petit. Il finit même par disparaître tout à fait : on ne se pique plus alors que pour échapper aux cruelles souffrances de la crise de manque."